Django : la musique comme seul pouvoir

Pour son premier long métrage, Étienne Comar s’attaque au guitariste de jazz franco-belge Jean Reinhardt, plus connu sous le nom de Django. Véritable virtuose, l’enfant tzigane devient le précurseur d’un nouveau genre : le jazz manouche. Par Sarah Boudena

Été 1943. Django remplit les salles à Paris. Dans ce contexte de guerre rythmé par les rafles et les alertes à la bombe, sa musique apparaît comme une parenthèse de joie et d’insouciance. Son succès et son influence sont telles que les allemands eux-mêmes le veulent pour une grande tournée. Mais tout ne se passera pas comme prévu…

Un regard neuf

Plutôt que de raconter l’époque américaine du protagoniste ou encore l’incendie qui a provoqué sa brûlure à la main, Étienne Comar se concentre sur une période moins connue de sa vie, plongée dans la France de l’occupation. Un Django insouciant, détaché d’une guerre qu’il ne considère pas comme la sienne. Il découvre à ses dépends que la réalité est toute autre. C’est aussi ce pan de l’histoire que le réalisateur a décidé de mettre en lumière : la fuite de Django avec sa famille et les violences endurées par les Roms, où la musique semble demeurer la seule échappatoire.

291694_1490389817.6013
Django et sa maîtresse, Louise.

Un artiste influent, influencé par des femmes de caractère

Incarné par Reda Kateb, qui est récompensé par le Swann d’or du meilleur acteur pour ce rôle, Django est un homme charismatique, mystérieux, et séducteur. Il ensorcelle le monde avec sa musique. Mais le vrai pouvoir est détenu par les femmes qui l’entourent : sa mère, Negros, sa femme, Naguine et sa maîtresse, Louise. Ce sont elles qui décident et provoquent ses choix de vie, aussi bien pour sa carrière que la décision de fuir Paris.

Negros Django Naguine - Roger Arpajou
Django, sa mère, Negros et sa femme, Naguine.

La musique comme vecteur

A travers son biopic, Étienne Comar rend grâce à la musique et lui donne une place de choix. C’est un pari réussi pour le cinéaste. La musique, plutôt que d’être simplement illustrative, souligne avec force la dramaturgie de Django. Elle traduit l’évolution et la prise de conscience du héros jusqu’à l’interprétation du Requiem pour les frères tziganes. La musique apparaît alors comme lien affectif mais aussi comme seule réponse face aux atrocités de la guerre.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s